
☼ Oh mon balai ! ☼
Oh mon balai !
De l’influence de la publicité sur les esprits fragiles !
J’ai beau être un croisement génétique improbable entre une Licorne et l’Oncle Picsou, je n’en reste pas moins, parfois, un être humain avec des faiblesses et quelques bugs !
Pour ceux qui se souviennent de ☼ Ma voisine du rez-de-chaussée gauche ☼ , je suis une accro du ménage et j’ai longtemps, très longtemps, trop longtemps été, sous l’influence de la publicité, à l’affut du dernier produit qui laverait plus blanc que blanc, d’un coup d’éponge qui fait briller sans effort le plan de travail dans lequel j’aurai pu me maquiller tant il aurait été propre et brillant comme un miroir. Mais ça c’était avant.
J’ai opéré un virage à 180° il y a environ trois ans à la suite de problèmes de santé et j’ai opté pour des choses moins glamour que le dernier V.I. Poo … je vous laisse chercher sur internet pour le bonheur de découvrir à votre tour ce produit improbable !
J’utilise, du vinaigre blanc (parfumé par mes soins aux écorces d’agrumes), du savon noir non trafiqué et du bicarbonate et des huiles essentielles (tea tree, lavande, romarin et citron).
J’utilise aussi du savon de Marseille, le vrai, pas celui de contrebande qu’on nous fourgue à l’insu de notre plein gré dans les grandes surfaces. Lisez les étiquettes et si vous repérez les termes : « sodium tallowate » fuyez ! 80 % des savons soi-disant de Marseille contiennent des graisses animales. Ils sont fabriqués à base de suif, c’est-à-dire des restes d’équarrissage issus de bœuf, de mouton ou de porc. Imaginez en plus que vous soyez vegan, l’horreur !
Mais forcément, dès qu’il y a de l’argent à se faire sur le dos des consommateurs, croyez bien que l’industrie cosmétique, ou de la « propreté » ou agroalimentaire, (c’est le même combat), ne va pas se priver pour essayer de nous entourlouper, de nous enfumer pour ne pas dire autre chose de beaucoup plus vilain.
J’utilise aussi, parce que sans lui, rien n’est possible, un ingrédient introuvable que ce soit en pharmacie, en herboristerie, sur internet ou chez le dealer du coin … de l’huile de coude ! What did you expect ? Pour paraphraser une autre publicité pour une marque bien connue de sodas qui n’ont plus rien à voir avec le sirop de quinine dilué à l’eau gazeuse et additionné d’une rondelle de citron de mon enfance ! (1)
Mais là n’est pas le sujet !

J’ai, je l’avoue, honteusement et fièrement (les deux sont compatibles par un tour de passe-passe psychologique dont seul le cerveau humain est capable) craqué pour un balai. Pas un balai quelconque, non Le Balai ! Avec des majuscules je vous prie et des petites étoiles dans les yeux ! Violet en plus ! Oui, Votre Honneur, c’est une circonstance atténuante, surtout quand on connait ma passion quasi maladive (mais je me soigne) pour le Violet, l’Héliotrope, l’Indigo, le Lilas, le Magenta, le Mauve, l’Orchidée, le Parme, le Prune, le Violine, le Rose Bonbon, le Zinzolin et j’en oublie quelques-uns !
En principe avant d’acheter quoi que ce soit, j’applique la méthode BISOU (2), oui Monsieur, oui Madame ! La méthode BISOU c’est la méthode pour ne pas acheter n’importe quoi, n’importe comment, à n’importe quel prix sans réfléchir ! Sauf que là, sans doute obsédée par la couleur violette du dit balai, quelque chose d’innommable s’est réveillé dans les méandres de mon cerveau reptilien et a, dans un réflexe atavique de survie ancestral, court-circuité tout esprit critique en moi.
Ma main a été plus prompte que ma réflexion et j’ai commis l’irréparable ! J’ai acheté un très joli balai, inclus dans un très joli kit complet, dans une très jolie boite sans réfléchir une fraction de seconde.

Je suis rentrée chez moi satisfaite, je dirais même contente, avec l’impression d’avoir bien dépensé mon argent, pour un achat essentiel qui, je n’en ai pas douté un seul instant, la publicité et les avis lus sur les blogs de Maman et les blogs Life Style, m’en ayant gentiment et doucement convaincu, allait changer ma vie de ménagère du XXème siècle en vie de Fée du Logis 2.0 Et oui, rien que ça ! Quand je vous parle de l’influence de la publicité sur les esprits fragiles, le mien en particulier, je n’exagère pas !
J’ai déballé Mon Balai comme une petite fille le lendemain de Noël, en prenant soin de ne pas déchirer le rabat de la jolie boite, en lisant soigneusement les instructions, en montant les pièces avec minutie dans l’ordre indiqué, en plaçant les piles dans le bon compartiment et dans le bons sens, en positionnant au millimètre la lingette, et pour la manipulation « à risque », l’insertion du flacon dans l’emplacement idoine, l’assistance bienveillante de mon conjoint !
Un bzz léger comme le bruissement d’aile d’un papillon quand j’ai pris le manche en main m’a fait frissonner de bonheur de la tête au pied (oui, je sais, il m’en faut peu pour me faire décoller !)
Le produit est sorti par les deux buses, en une jolie brume légère et j’ai commencé à nettoyer mes sols dans la joie et la bonne humeur …
Le nirvana a duré trente secondes. Le temps que du sol à mes narines (je suis grande, 1.77 m) monte le parfum entêtant de ce que le fabricant nomme une brise fraiche !
Il y a sans doute bien longtemps que les chimistes qui travaillent pour Procter et Gamble n’ont pas dû mettre les pieds hors de leur laboratoire, parce que pardon, côté « brise fraiche » on repassera ! Ça sent comme, et bien, je serai bien en peine de faire une comparaison avec quelque chose de frais, léger et naturel. Ça sent plutôt comme le parfum bon marché d’une cocotte de luxe, utilisé pour masquer des odeurs nauséabondes et suspectes. Rien qui donne une idée de fraicheur et de propreté.
J’ai été prise d’une crise d’asthme carabinée, j’ai eu des démangeaisons au niveau des yeux et de la bouche au point de confiner mes chats dans une pièce fermée pour éviter tout risque. J’ai ressorti mon seau et mon houpion et j’ai passé le coin que j’avais nettoyé à grande eau à plusieurs reprises pour ne laisser aucune trace de ce produit sur mon sol. Vu ma réaction au produit, il était hors de question de laisser mes chats le respirer et hors de question que je leur laisse poser les coussinets dessus.
Ceci dit, les concepteurs du Swifer Wet Jet ont sacrément bien bossé. Côté design, le balai est super joli, ergonomique et il en jette. Il est même tellement bien conçu que la main vient, naturellement se poser très nonchalamment sur la poignée et que le moindre effleurement y compris et surtout par inadvertance, déclenche l’envoi du produit. Pour l’éviter, il faut tenir le balai avec une position de main qui n’a rien de naturel.
Ceci dit, je comprends, il faut pouvoir vendre la recharge de produit qui coûte, à Intermarché, la bagatelle de 6.90 € la dose. Vu la sensibilité de la touche de brumisation, autant dire que le flacon ne fait pas long feu. Le flacon est sensé vous permettre de nettoyer 30 mètre carré de sol ! (La maison fait dans les 70/80 mètres carrés, je vous laisse faire le calcul).
Quant à la lingette qui retient la saleté et l’empêche de se redéposer (la garce cette saleté qui se redépose dès qu’on a tourné le dos !), il faut quand même compter, tousse (toujours à Intermarché) 14.90 € la recharge de dix lingettes.
Autant dire qu’en une séance de ménage, vous dépensez facilement 28.80 €, c’est-à-dire bien plus que ce que le balai vous a coûté, soit de 24.90 € à 14.90 € si vous avez bénéficié d’un coupon de réduction (coupons qui ont envahi nos magazines et nos boites aux lettres depuis quelques semaines !)
En clair, pour bien enfoncer le clou, vous dépensez bien plus que la valeur d’un seau d’eau additionné d’un trait de savon noir et de quelques gouttes d’huiles essentielles !
Si vous voulez savoir ce que j’ai fait de mon joli balai violet, je ne l’ai pas mis au rebut. J’ai vidé le flacon (avec remords vu que je ne sais pas quels produits chimiques j’ai jeté dans les canalisations de ma ville). J’ai ouvert le flacon bien qu’il soit écrit de ne pas le faire, des fois que, je n’ai sais pas, les foudres de l’Enfer s’abattent sur le fou, la folle qui aurait l’audace de braver l’interdit. Je l’ai rincé soigneusement et je l’ai rempli d’un mélange d’eau, de savon noir et vinaigre, je l’ai rebouché sans difficulté, sans que le ciel me soit tombé sur la tête et sans que sans mon corps lapidé et pantelant ait fini exposé, voué aux Gémonies, puis j’ai replacé la petite bouteille dans l’emplacement idoine.
J’ai remplacé les lingettes hors de prix par des lingettes en microfibres maintenues par deux élastiques à cheveux de manière à ne pas gêner la diffusion de ma solution nettoyante et j’utilise ainsi, de manière beaucoup plus saine, écologique et économique mon joli balai, acheté lors d’un moment d’égarement.
Inutile de dire qu’on ne m’y reprendra pas !

Avant, j’étais gentille, mais ça, c’était avant !
Je vous souhaite une belle journée, douce, sereine, zen, gourmande et lumineuse !
Prenez bien soin de vous !
♥ Plein de bisous doux ♥
Cenwen
(1) ☼ Tonique ancestral ☼
(2) La méthode BISOU proposée par Marie et Herveline dans leur livre ☼ « J’arrête de surconsommer » ☼ est très simple : avant chaque achat, détaillez chaque lettre du mot « BISOU » et demandez-vous :
- B comme Besoin. A quel besoin cet achat correspond-il ?
- I comme Immédiat. Dois-je l’acheter immédiatement ?
- S comme Semblable. N’ai-je pas déjà quelque chose de semblable ?
- O comme Origine. Quelle est l’origine de ce produit ?
- U comme Utile. Cet objet me sera-t-il vraiment utile ?
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