
☼ Petits Riens et Petits Bonheurs 1 ☼
Petits Riens et Petits Bonheurs 1
Bonjour,
Les Petits Riens et les Petits Bonheurs étaient une rubrique qui me tenait à cœur lorsque j’ai ouvert ce blog. Je la voulais lumineuse et sereine, porteuse d’espoir et de Lumière, comme une ode à la vie et à ses instants fugaces qui nous échappent comme filent le sable et le temps entre nos doigts.
J’ai essayé de tenir, contre vents et marées. Je me suis accrochée. Je me suis battue. Et puis il y a eu la maladie, la douleur lancinante, quotidienne, jour et nuit, incessante. Il y a eu les soucis matériels, les questions sur l’avenir. Mais j’ai tenu bon, envers et contre tout. Et il y a eu cette injustice totale, la perte d’un ami, un être jeune et plein d’avenir, foudroyé à l’âge de 33 ans. J’ai essayé, encore de tenir bon. Je me suis accrochée, encore. Je me suis battue, encore pour tenir bon. Je ne pouvais pas faire autrement. Il a été si fort, si courageux. Les siens sont si forts, si courageux. Il n’était pas question que je le sois moins.
J’ai résisté à ma part d’ombre. J’ai résisté à l’attraction du Côté Obscur de la Force. J’ai refusé de céder. Pas cette fois. Pas encore. Pas de nouveau. Les larmes se sont taries, épuisées d’avoir tant coulé. L’hébétude à laissé place à un engourdissement progressif, une pesanteur que je chassais d’un haussement d’épaules, d’un mouvement de menton. « Hauts les cœurs ! Tu es une guerrière ! » Je me répétais, tel un mantra protecteur : »May your Force, be with us. » (« Que ta Force soit avec nous ».)
Malgré ça, elle s’est installée, insidieusement, sournoisement. Elle a commencé à obscurcir mes pensées. Elle ne voulait pas dire son nom mais elle resserrait son emprise sur mon cœur et sur mon âme. Jusqu’au moment où elle a gagné, à l’usure. Sans que je me rende compte, elle entachait désormais chacune de mes pensées. Elle pesait sur chacun de mes gestes.
De nouveau, je me suis mise à fonctionner et non plus à vivre. Je me suis concentrée sur les tâches quotidiennes, répétitives : cuisine, ménage, lessive, cuisine, ménage, lessive… ad nauseam. J’ai fait le hamster dans ma cage. J’ai tourné, dans mes routines, comme dans une roue, un tour, et un tour et encore un tour … sans aller nulle part, sans me rendre compte que je n’avançais plus.

Elle ne voulait pas dire son nom, cette tristesse à la fois douce et prégnante. Mais elle avait fini par me définir, définir mon essence même. Je me suis retirée, en silence, dans le silence. J’ai défait des liens, coupé des branches en fermant la quasi totalité des comptes sur les réseaux sociaux. J’ai laissé des relations se défaire. J’ai cessé de les alimenter artificiellement. J’ai pris du recul. Je me suis recentrée.
Et pourtant, par moment, comme un paradoxe, cette tristesse m’a permis de vivre intensément dans l’instant. Elle m’a permis de savourer certains moment en totale conscience. Elle m’a permis de me rappeler que si je les laisse passer sans les collectionner, les Petits Riens et les Petits Bonheurs, je ne vois plus les choses que sous le prisme de l’absence brutale et sans nuance. Je laisse le vent emporter tout. Je perds mon âme, mon essence, mon cœur.
Alors, parce que j’avais fait une promesse, celle de célébrer chaque jour parce que j’ai la chance de le vivre, je tente à nouveau de saisir les Petits Riens et les Petits Bonheurs. Je les tisse à nouveau, brin après brin, espérant construire à nouveau un fil d’Ariane pour me guider vers la vie et vers l’espoir. A nouveau, j’entrelace les mots, à nouveau, je tresse des phrases, espérant toujours trouver en moi, le chemin vers la Lumière.
Je vais donc reprendre ma collection de Petits Riens, de Petits Bonheurs, de Petits Moments à partager. Ils seront moins nombreux par billet, je vais déjà me fixer un objectif de cinq (contre dix autrefois, avant).
Et comme je commence une nouvelle une page blanche, j’abandonne l’ancienne numérotation. Ceux-ci seront Les Petits Riens et les Petits Bonheurs 1














